Des citoyens du quartier Saint-Émile, à Québec, dénoncent depuis des décennies une intersection jugée dangereuse en raison de l’état de la chaussée et de l’absence d’accotement.
«On sort de notre rue, ça brasse. On tourne sur notre rue, ça brasse», résume François en parlant de l’intersection des rues Degas et Vézina, dans le quartier Saint-Émile, au nord de Québec.
Sa conjointe et lui habitent le secteur depuis plus d’une vingtaine d’années et dénoncent depuis presque toujours cette intersection jugée dangereuse.
Ils soulignent que le trafic sur la rue Vézina a drastiquement augmenté au fil des années. Des camions y circulent aussi et aucun trottoir ou accotement n’y ont été aménagés.
«Je m’empêche d’aller faire mon épicerie à côté à vélo parce qu’on n’est pas capable. Je l’ai déjà essayé par le passé et c’est impossible», se désole François, qui s’inquiète aussi pour la sécurité des piétons, d’autant plus qu’une école primaire a récemment été ouverte dans le secteur.
«Est-ce qu’on attend qu’il y ait un mort pour faire quelque chose?» demande sa conjointe, qui ne veut pas être nommée puisqu’elle a déjà formulé des plaintes auprès de la Ville, sans succès.
«Ton char fait des zigzags»
L’état de la chaussée laisse à désirer sur un bon tronçon de la rue Vézina, selon plusieurs résidents du quartier qui l’empruntent quotidiennement pour accéder à l’autoroute 73.
«Honnêtement, si tu n’as pas un bon alignement avec ton auto, tu en pognes, des craques, pis ton char fait des zigzags. Il faut vraiment que tu tiennes ton volant, lance Gianni Marcogliese, un jeune conducteur de 21 ans. Il y a des creux, des craques, des bosses, ton char part de tous bords tous côtés.»
À la fin de l’hiver et au printemps, la fonte des neiges rend l’exercice de circuler sur la rue Vézina encore plus périlleux.
«J’ai compté, je me suis fait arroser cinq fois [par de la slush] cette année», note Carole Rochette qui promène son chien tous les jours dans le petit espacement entre la rue et un fossé qui la longe.
Mme Rochette habite dans le quartier depuis 30 ans et a suggéré à la Ville dès les premières années d’aménager des traverses piétonnes. Ses demandes sont restées lettre morte.
Un nouvel ensemble résidentiel de 39 logements, en plus d’une garderie, est d’ailleurs en construction derrière sa maison, suscitant de nouvelles inquiétudes.
«Ça, ça veut dire beaucoup de voitures encore, beaucoup de gens, note Mme Rochette. Et la structure n’est même pas faite pour des trottoirs ou des pistes cyclables, je ne comprends pas.»


